La compagnie des loups

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La compagnie des loups

Message par MémoireDuTemps le Lun 31 Oct - 12:12

Bonjour tous, je débarque ici pour vous parler d'un "vieux" film – 1984 - dont je voulais parler depuis longtemps : "La compagnie des loups" de Neil Jordan sur une nouvelle d'Angela Carter, mais le scénario brode énormément sur le texte origine et Angela Carter a travaillé avec le réalisateur pour étoffer le texte de base. C'est un film rare, qui est passé assez inaperçu lors de sa sortie en France (mais culte dans d'autres pays notamment l'Allemagne) et malgré ses nombreux prix notamment à Avoriaz. Certains spécialistes du cinéma fantastique l'ont considéré comme une œuvre majeure du cinéma dans ce domaine et même un tournant qui influencera pas mal de films qui suivront aussi bien vis à vis du regard sur les contes qu'au niveau du loup et autres loup-garous (le film "Le Chaperon rouge (Red Riding Hood)" de Catherine Hardwicke s'en inspire directement – ce que plusieurs critiques ont oublié de constater – et les rares scènes intéressantes ne sont qu'une citation – ou un plagiat - du film de Neil Jordan).

Plus encore que dans les versions du conte dessinées par Tex Avery, le thème de la jeune fille qui devient adolescente et découvre la sexualité sert de base à une histoire à tiroir qui aborde tous les thèmes de l'imaginaire de l'homme par rapport au loup : loup-garou, l'homme est un loup pour l'homme, vendre son âme au diable, le loup victime...

Le film est quand même basé sur le petit chaperon rouge, bien sûr, la jeune fille Rosaleen s'habille d'une cape rouge, elle va voir deux fois sa grand-mère qui vit seule dans une maison isolée au fond des bois, la seconde fois avec le panier garni où elle rencontrera "le loup".
La seconde idée est le film à tiroir : Rosaleen, adolescente moderne, somnole sur son lit quand ses parents rentrent de course... Le chien de la famille, berger allemand bien-sûr, monte, pleure à la porte fermée de la jeune fille, sa sœur aînée le suit, toque à la porte :
— Va-t-en, dit-elle au chien
et parle à travers la porte :
— On t'attend en bas, mais enfin sors au lieu de bouder sans arrêt – toc toc – ouvre la porte ! Et tu prends mon rouge à lèvre, en plus ! Petite peste ! Qu'as-tu de plus ? Tes dents en avant ? Sors, petite peste ! C'est pas moi qui te réclame. C'est maman – toc toc – Peste ! Peste !
Rosaleen s'endort vraiment et rêve... une scène onirique... qui nous transporte vers le lointain passé où sa sœur est attaquée par les loups et se continue sur l'enterrement de la victime (ça vous rappelle le film ci-dessus cité, non ?). Rosaleen est expédiée chez sa grand-mère pendant le deuil et là on commence à se faire une idée de la construction originale du film : la grand-mère lui raconte une histoire horrible sur un loup dont les poils sont à l'intérieur et les sourcils se rejoignent...
Bien sûr je ne vais pas continuer à vous raconter... Mais le film est basé sur cette alternance de l'histoire adaptée du chaperon rouge entrecoupée de récits traitants de la difficile cohabitation du loup et de l'homme.
Certaines scènes possèdent un charme fou (la dernière histoire contée – voir le lien après – la découverte du nid, les discussions entre la mère et la fille - « Est-ce que ça fait mal ? » - ou entre la grand-mère et sa petite fille), certaines sont touchantes (l'amour transi du jeune garçon pour Rosaleen, Rosaleen et le loup blessé), certaines sont étonnantes de force (l'histoire du voyageur, le mariage) ou de sous-entendus, de non-dits, de suggestions (la rencontre du chasseur et bien sûr la scène finale adaptée du conte bien moins « prude » que la version de Perrault mais qui ne suggère pas la cruauté anthropophagique d'autres versions)... plein de charme, un must qui pourrait donner plein d'idées (j'avoue, c'est mon inspiration principale pour ma nouvelle « Odile et le loup »).
Le film n'est pas sans défauts : notamment quand l'homme se transforme en loup, mais bien sûr cela fait partie de son caractère.
Aussi une chose, dans la VF, la femme du voyageur est doublée par la si belle voix de Delphine Seyrig !
Sarah Patterson, l'actrice qui joue Rosaleen, n'a pas fait carrière, à part une version de... « Blanche Neige »
Une citation : « On dit que voir, c'est croire... mais je n'en suis pas très sûre. »
Une particularité : le DVD français – sorti en catimini = 0 disponible à la FNAC Strasbourg ! - est basé sur la version allemande.

Voilà... alors des liens de la fameuse scène qui a justifié l'affiche française – très différente des autres affiches ailleurs (voir http://backtothemovieposters.blogspot.com/2011/01/la-compagnie-des-loups.html), la scène en streaming http://www.youtube.com/watch?v=I6PvifYJtu0
avatar
MémoireDuTemps

Messages : 24
Date d'inscription : 15/09/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum